Évaluation de la sécurité alimentaire internationale, 2014-24. ERS.USDA

par Stacey Rosen, Birgit Meade, Keith Fuglie, et Nicholas Rada

Evaluation de la situation de la sécurité alimentaire et perspectives No. (GFA-25) Juin 2014

 

International Food Security Assessment, 2014-24

http://www.ers.usda.gov/publications/gfa-food-security-assessment-situation-and-outlook/gfa25.aspx

Résumé du rapport

Quel est le problème?

Ce rapport évalue les projets et la sécurité alimentaire de 76 pays à faible revenu et à revenu intermédiaire sur la base de deux facteurs déterminants : la production alimentaire et les capacités d’importation. La performance nationale de production alimentaire joue le rôle le plus important dans la sécurité alimentaire de ces pays, en particulier pour ceux dans les régions d’Asie et de l’Afrique subsaharienne qui dépendent des approvisionnements en céréales principalement sur la production locale. En revanche, la capacité de payer pour les importations est importante dans les régions comme l’Amérique latine et les Caraïbes, et l’Afrique du Nord qui importent une grande partie de leurs approvisionnements alimentaires. Pour comprendre comment la production alimentaire et la capacité d’importation affectent la sécurité alimentaire, les chercheurs de l’ERS ont estimé et projeté le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire à l’échelle régionale et dans chacun des 76 pays en développement couverts par ce rapport pour 2014-24.

Quel a été le résultat de l’étude?

Entre 2013 et 2014, l’ERS estime que l’insécurité alimentaire pour les 76 pays analysés va s’améliorer. Le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire devrait reculer de 9 %, passant de 539 millions en 2013 à 490 millions en 2014. La part de la population qui est en situation d’insécurité alimentaire dans ces pays et devrait diminuer de 15,5 % en 2013 pour 13,9 % en 2014. L’écart de distribution (la quantité de nourriture nécessaire pour augmenter la consommation dans chaque décile de revenu à la cible nutritionnelle d’environ 2100 calories par personne et par jour) devrait diminuer de près de 23 % en 2014 pour 12,5 millions de tonnes équivalent céréales. L’écart de distribution est une mesure de l’intensité de l’insécurité alimentaire, la mesure dans laquelle la consommation est inférieure à l’objectif nutritionnel. La baisse de cet écart devrait être beaucoup plus forte que celle du nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire, ce qui indique que l’intensité de la sécurité alimentaire dans ces pays va diminuer en 2014.

Le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire en Afrique subsaharienne (ASS) devrait chuter de près de 13 %, la plus forte baisse de toutes les régions à l’étude. En conséquence, la part de la population devant être en situation d’insécurité alimentaire tombe à 29,2 %. Les plus grands changements sont prévus pour la Tanzanie, le Tchad et Madagascar, où on prévoit que la production céréalière de 2014 reviendra à des niveaux tendanciels  suivant la production inférieure à la moyenne en 2013.

Après l’Afrique du Nord (AN), l’Asie est la région la plus en sécurité alimentaire comme 8,8 % de la population, en moyenne, était en situation d’insécurité alimentaire en 2013. L’intensité de l’insécurité alimentaire devrait diminuer de façon significative en 2014 comme la réduction de l’écart de distribution, 40 % devrait dépasser de loin la baisse du nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire de 3 %. Ce résultat est principalement influencé par l’Afghanistan et l’Inde.

La situation de la sécurité alimentaire devrait s’améliorer en Amérique latine et dans les Caraïbes (ALC) étant donné que la population projetée comme à risque d’insécurité alimentaire a baissé de 25,5 % en 2013 à 22 % en 2014.
De même, une baisse prévue de 30 % de ‘écart de distribution indique une amélioration de l’intensité de l’insécurité alimentaire. Les gains dans la région de l’ALC s’expliquent par une forte expansion économique, la situation globalement positive pour la production agricole, et la baisse des prix des denrées alimentaires. Les pays d’Afrique du Nord (AN) devraient globalement conserver une bonne sécurité alimentaire.

Pour la prochaine décennie, le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire dans les 76 pays devrait croître, la proportion de la population en situation d’insécurité alimentaire passant de 13,9 % en 2014 à 14,6 % en 2024, principalement à cause des perspectives de croissance faible de l’offre dans quelques pays. Dans l’ensemble, la situation de la sécurité alimentaire de l’ALC, devrait s’améliorer comme la proportion de la population considérée en situation d’insécurité alimentaire passerait de 22 % en 2014 à moins de 17 % en 2024. Dans la région de l’ALC, une production agricole élevée accompagnée d’importations de céréales devraient continuer et permettre à plusieurs groupes de revenus de se rencontrer et / ou dépasser l’objectif nutritionnel.

La part de la population asiatique en situation d’insécurité alimentaire est assez faible, projetée à 8,5 % en 2024 Cependant, l’insécurité alimentaire parmi la population qui est considérée comme en situation d’insécurité alimentaire devrait s’intensifier. L’écart de distribution devrait augmenter de 66 % au cours de la prochaine décennie. Ce résultat est principalement lié au Yémen, où la combinaison d’une forte croissance de la population et les contraintes d’importation ont conduit à une baisse prévue de la disponibilité des céréales par habitant,  et l’Inde, où la tendance comparable en approvisionnement pour la période de base de 2014  a conduit à projeter un  ralentissement de la croissance jusqu’en 2024.

La situation de la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne devrait se détériorer, mais pas sérieusement, comme la part de la population en situation d’insécurité alimentaire devrait passer de 29,2 % en 2014 à 31,2 % en 2024. L’augmentation du nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire et l’écart de distribution correspondent à peu près, ce qui signifie qu’en moyenne l’intensification de l’insécurité alimentaire, est peu mesurable. La plupart des pays d’Afrique subsaharienne seraient en mesure de continuer à maintenir ou améliorer la sécurité alimentaire en raison de la forte croissance de la production agricole, et la prévision de détérioration de la sécurité alimentaire globale de la région qui est entraînée par des perspectives de gains insuffisants dans la production et la capacité d’importation dans seulement une poignée de pays.

Comment l’étude a été menée?

Le modèle d’évaluation internationale de la sécurité alimentaire utilisé dans ce rapport prévoit la consommation de nourriture, l’accès à la nourriture, et les déficits alimentaires dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire à l’horizon de 2024. La sécurité alimentaire d’un pays est évaluée sur la base de l’écart entre la consommation alimentaire nationale projetée (production nationale plus les importations moins les usages non alimentaires) et un objectif de consommation.

Toutes les données historiques et projetées sont mises à jour selon l’Evaluation de la Sécurité Alimentaire Internationale, du rapport 2013-23. Les estimations de la production alimentaire pour 2013 sont fondées sur les données de la FAO à la date de Mars 2014. Les données de la production historique sont tirées de la FAO et de données sur l’aide alimentaire du Programme Alimentaire Mondial (PAM) des Nations Unies. Les données financières et macroéconomiques proviennent de la Banque Mondiale à la date de Mars 2014. Les variables macroéconomiques prévues sont soit basées sur les taux de croissance calculés pour les années 1990 à 2012,  soit prises auprès du Fonds Monétaire International (FMI) et des projections de la Banque Mondiale. Les projections de la disponibilité alimentaire comprennent l’aide alimentaire, avec l’hypothèse que chaque pays recevra la moyenne 2010-12 de l’aide alimentaire tout au long de la prochaine décennie.