Les habitudes alimentaires et la survie des personnes âgées. (Du Journal of the American Dietetic Association).

Dietary Patterns and Survival of Older Adults. Journal of the American Dietetic Association. Volume 111, Issue 1 , Pages 84-91, January 2011

Introduction

Entre 2000 et 2030, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus dans le monde entier devrait plus que doubler, passant de près de 420 millions à 973 millions. Au cours du siècle passé, les principales causes de mortalité ont basculé des maladies infectieuses aux maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires et le cancer qui peuvent être influencées par l’alimentation. Ce constat a orienté l’attention sur l’impact de l’alimentation sur la mortalité. Ainsi, il est devenu impératif d’identifier comment les choix alimentaires affectent la qualité de vie et de survie.

Objectifs

L’objectif de cette étude était de déterminer les habitudes alimentaires d’une cohorte de personnes âgées et d’étudier les associations de ces habitudes alimentaires à la survie sur une période de 10 ans. Un deuxième objectif était d’évaluer la qualité de vie des participants ainsi que leur état nutritionnel en fonction de leurs habitudes alimentaires.

Protocole

L’étude de la santé, du vieillissement, et la composition corporelle repose sur une étude prospective d’une cohorte de 3075 personnes âgées de 70 à 79 ans. Dans cette étude, la mortalité toutes causes confondues a été évaluée du départ à la 10ème année. La prise d’aliments a été estimée selon un questionnaire modifié du modèle de Block sur les fréquences alimentaires (Block FFQ) et les habitudes alimentaires des 2.582 participants et leurs données complètes ont été obtenues par analyse typologique.

  • Paramètres biochimiques sanguins mesurés :  glucose, sérum, folate, homocystéine, vitamine B 12, holotranscobalamine,
  • Biomarqueurs nutritionnels : vitamine C, Béta-carotène et Alpha-tocophérol

Résultats

Six groupes d’alimentation ont été identifiés, y compris un groupe d’alimentation saine, caractérisée par des apports plus élevés en produits laitiers maigres, fruits, céréales entières, volailles, poissons et légumes. Les  groupes d’alimentation riches en produits laitiers gras et confiserie, ainsi que le groupe riche en desserts avaient un risque 1,4 fois plus élevé de mortalité que le groupe d’alimentation saine après ajustement pour les facteurs confondants potentiels.

Ce groupe était caractérisé par un pourcentage plus élevé de femmes, ainsi que par un pourcentage plus élevé de personnes de type caucasien, un plus haut niveau d’éducation, et peu de gros fumeurs. Son alimentation renfermait un plus haut niveau significatif d’énergie provenant des protéines, un plus haut niveau de fibres alimentaires, un très faible pourcentage d’énergie provenant des corps gras saturés, et un plus faible Indice glycémique. De plus, ce groupe présentait un niveau significativement élevé en activité physique, un plus haut niveau d’apport d’énergie d’hydrates de carbone, une plus faible prise en énergie totale, un plus faible pourcentage d’énergie des matières grasses totales et une plus faible charge glycémique que les cinq autres groupes.

En final, le groupe d’alimentation saine avait aussi significativement plus d’années de vie en bonne santé et des niveaux plus favorables de certains biomarqueurs nutritionnels que les autres groupes.

Conclusions

Il apparait qu’un régime alimentaire conforme aux recommandations actuelles de consommer des quantités relativement élevées de légumes, fruits, graines entières, volaille, poisson et produits laitiers maigres peut être associé à un meilleur statut nutritionnel, une meilleure qualité de vie et une meilleure survie chez les personnes âgées.